Je vous l’ai déjà partagé dans mon article sur le perfectionnisme, mais je n’ai pas forcément détaillé comment j’ai pu poser les mots sur ça. Dans un sens plus large, il n’y a pas que le perfectionnisme qui entre en jeu.
En tombant sur une vidéo de Sean Tucker – How to create when you’re just not “feeling it” – que j’ai pu découvrir un concept qui m’a ouvert les yeux sur beaucoup de choses. Aujourd’hui on va parler de la Résistance créative.
Je vous partage ici ce que cette vidéo m’a aidé à identifier.
Ce que j’ai compris sur la Résistance créative. Et surtout, ce que j’ai appris sur sur moi-même.
La vidéo de Sean Tucker : How to create when you’re just not ‘feeling it’.
Cette vidéo, elle a tout débloqué. Elle m’a offert une image claire de ce qui me freinait, et surtout, elle m’a montré que je n’étais pas seul. Que d’autres créateurs, que j’admire, traversent les mêmes épreuves, et mênent les mêmes combats intérieurs.
Dans cette vidéo, Sean Tucker parle aussi d’un livre que je ne connaissais pas encore à l’époque : The War of Art de Steven Pressfield.
Je ne l’ai pas encore lu. Mais je vais le lire bientôt. Et je reviendrai ici pour partager ce que j’y aurai trouvé, ce que ça m’aura appris, peut-être aussi ce que ça aura remué en moi.
La résistance, selon Steven Pressfield
Je n’ai pas encore livre, certes. Mais j’ai lu beaucoup de critiques et de reviews. J’ai même regardé des vidéos qui expliquent ses concepts.
Même sans l’avoir lu,certaines idées de The War of Art m’ont déjà percuté.
Dans son livre devenu une référence dans les milieux créatifs, Steven Pressfield parle d’un ennemi invisible mais tenace : la Résistance.
Il ne s’agit pas d’un blocage passager, ni d’un manque de motivation. La Résistance, c’est une force intérieure, universelle, persistante.
C’est ce qui surgit précisément quand on s’apprête à faire quelque chose d’important, ou de créer quelque chose.
Une des citations qui m’avait plus marquée du livre, c’était :
“Most of us have two lives. The life we live, and the unlived life within us.
Between the two stands Resistance.” - Steven Pressfield - The War of Art.
Cette phrase, je ne l’ai pas oubliée depuis que je l’ai entendue.
Elle résume cette tension entre ce que je vis, et ce que je sens capable de vivre. Entre ce que je fais, et ce que je pourrais créer si je me laissait aller.
Selon Pressfield, la Résistance ment. Elle invente des excuses rationnelles pour nous faire dévier de notre chemin :
“Resistance will tell you anything to keep you from doing your work.
It will perjure, fabricate, seduce... Resistance is always lying and
always full of shit.” - Steven Pressfied - The War of Art.
Et paradoxalement, plus un projet est important pour nous, plus la Résistance est forte.
Elle ne surgit pas pour ce qui est banal. Elle se manifeste là où il y a du sens, de la vulnérabilité, de l’exposition.
Et c’est là qu’intervient Sean Tucker.
Les résistances personnelles de Sean Tucker
Avant de vous parler de ce qu’il a partagé, j’aimerais parler un peu de ce photographe que j’aime tant.
Sean Tucker est un de mes photographes préférés. Non-pas pour ses photos ou ses compétences, mais surtout pour sa prise de parole authentique, vulnérable, et brutalement honnête.
Ses vidéos sur les réseaux (notamment Youtube et Instagram) sont très philosophiques, apésantes et utiles. Si vous ne le connaissez pas, je vous conseille de le suivre.
Dans sa vidéo, Sean parle de sa propre Résistance. De ses moments d’arrêt, de recul, de doute.
Pour faire court, voici les trois principales formes de résistances qu’il combat en tant qu’artiste :
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Le perfectionnisme, ce besoin que tout soit parfait avant même de commencer — ce qui revient à ne jamais commencer. Pour contrer ça, il recommande de voir les projets créatifs comme une pièce de puzzle, plutôt qu’une finalité. La « bigger picture » étant son parcours artistique, qui s’affinera à travers ces projets.
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La rationalisation, ces excuses qu’on se répète comme des vérités : “je n’ai pas le temps”, “ça ne sert à rien”, “je. ne suis pas prêt ».. Et ma préférée : « je n’ai pas le bon matériel ».
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Et surtout, la peur. Peur d’échouer, bien sûr. Mais aussi peur de réussir. Peur que ça marche, et qu’il faille l’assumer. Peur d’être vu, entendu, jugé.
Et à la fin de sa vidéo, Sean pose une question simple :
“Et toi, c’est quoi ta forme de Résistance ?” C’est là que j’ai pris mon stylo, et commencé à écrire.
Cette fois, au lieu de me sentir coupable de ne pas avancer, j’ai commencé à observer ce qui me freine.
À le décomposer. À le comprendre.
Et je me suis dit que j’allais certainement le partager avec vous dés que je lance ce blog.
Nous y voilà enfin !
Mes propres résistances créatives
Je ne me reconnais pas spécialement dans tout ce que Sean a dit. Mais j’ai pu me projeter dans la plupart de ses blocages. Différemment.
En m’inspirant de tout ce qu’il a listé, j’ai pu nommer tout ce qui prend chez moi la forme de résistance.
Le perfectionnisme émotionnel :
Je sais que celui-là est assez typique. Mais chez moi, il prend une forme bien particulière.
Je ne bloque pas seulement parce que je veux que tout soit parfait visuellement.
Je bloque parce que je veux que ce que je produis soit à la hauteur de ce que ça représente pour moi.
Quand je pense à un article, à une série photos, je les imagine comme des récits qui n’ont jamais été racontés, ou des émotions qu’ont ne voit pas tous les jours.
Mais vouloir tout intellectualiser, ne fait que freiner la pratique.
Et ce qui inspire, motive et fait évoluer un artiste dans son art, c’est la pratique.
Finalement, ce que disait Sean Tucker est très juste : ce qu’on fait au quotidien n’est qu’un fragment de tout notre parcours.
L’écart entre ce que je veux faire et ce que je peux faire
Pour évoluer dans son art, il faut toujours nourrir son oeil. Je parle ici d’inspiration. À force de s’exposer aux travaux des autres, et à faire une sorte de « veille créative », notre goût et notre regard évoluent.
Mais ce qui n’évolue pas à a la même vitesse qu’eux, c’est nos capacités. Que ce soit en termes de compétences, ou même de matériel.
Pour mon cas, c’est sûrement un mix des deux. Je ne pratique pas assez souvent, et mon matériel est très dépassé et ne peut pas me produire les résultats que je veux.
Cet écart crée beaucoup de frustrations. Mais une fois que je l’ai compris, j’ai réalisé que je peux agir dessus. Comment ? Tout simplement en pratiquant plus, en mettant à niveau mo matériel, et en baissant mes attentes.
La peur de ne pas aller au bout de ce que j’entreprends
Celle-ci, je ne l’ai vue qu’après coup.
Il y a un petit saboteur en moi qui me chuchote que je suis quelqu’un qui commence des choses sans les finir. Et il a quelque part raison.
Et comme je ne veux pas confirmer cette prophétie, je ne commence rien.
C’est absurde, mais c’est vrai.
Je me protège de l’échec en évitant le mouvement.
Je me dis : “Si je ne commence pas, je n’échoue pas.”
Mais ce que je fais vraiment, c’est me priver de l’expérience, du risque, du vivant.
Et depuis que j’ai identifié cette peur, j’essaie une nouvelle stratégie :
commencer petit. Ne pas tout jouer d’un coup. Laisser une marge d’erreur. Et surtout, éviter de me mettre la pression.
Conclusion : identifier pour avancer
Comme disait Sean Tucker dans sa vidéo : en identifiant les résistances auxquelles on fait face, c’est déjà résoudre 80% du problème.
Je ne crois pas qu’on puisse se débarasser de nos Résistances.
Je pense qu’on apprend à vivre avec elles.
À l’entendre arriver. À leurs faire laisser de la place, sans qu’elles prennent le contrôle total.
Ce que Sean Tucker m’a débloqué, ce n’est pas une solution magique.
C’est l’opportunité de m’asseoir avec mes doutes. De les regarder, un à un.
Et de continuer quand même.
Je ne dis pas que c’est facile.
Je dis juste que c’est possible, dès qu’on commence à mettre un mot sur ce qui nous freine.
C’est pour ça que j’ai écrit cet article.
Pas pour tout régler. Mais pour poser les choses. Pour avancer d’un pas.
Et la preuve que ce n’est pas un formule magique qui marche à tous les coups, c’est qu’à l’heure acutelle, je vis une résistance.
Je n’ai pas pris de photos depuis 2 mois.
Mais je me laisse aller, et je sais que je vais devoir reprendre mon appareil bientôt.
Juste pour dépasser cette phase, et reprendre ce que j’ai commencé.